Une
proposition de l'employeur
Lorsque l'entreprise n'est
soumise à aucun texte conventionnel
relatif au temps partiel, l'employeur peut proposer
ou non des horaires de travail à temps partiel, et accepter
ou refuser une demande du salarié en ce sens (en cas de
refus, il doit motiver sa réponse). De son côté, le salarié
peut refuser d'effectuer un travail à temps partiel.
Son refus n'est ni une faute ni un motif de licenciement.
Si l'entreprise connaît des difficultés économiques,
le temps partiel peut être une mesure envisagée par l'employeur
afin de limiter les licenciements pour motif économique.
Un temps partiel choisi par le salarié
Un salarié qui souhaite occuper ou
reprendre un emploi à temps partiel est prioritaire
si un tel emploi, compatible avec sa catégorie professionnelle,
existe. Inversement, un salarié à temps partiel désireux
de travailler à temps plein est prioritaire dans les
mêmes conditions.
Un accord collectif peut prévoir les conditions de mise
en place d'horaires à temps partiel à la demande
du salarié. A défaut, le salarié doit formuler sa demande
par écrit, au moins 6 mois avant la date souhaitée de
passage à temps partiel. L'employeur doit lui répondre
par écrit, en motivant son éventuel refus, dans les
3 mois suivant la réception de la demande. Il existe
des situations où le temps partiel est de droit pour
le salarié, à condition qu'il ait au moins un an
d'ancienneté : en cas de maladie, d'accident,
ou de handicap grave d'un enfantà charge, ou encore
pour élever un enfant dans le cadre du congé parental
d'éducation.
Le temps partiel
pour les besoins de la vie familiale
A leur demande et pour les besoins
de leur vie familiale, les salariés peuvent bénéficier
d'une réduction du temps de travail sous forme de
périodes non travaillées d'au moins une semaine.
Leur durée de travail est alors fixée dans le cadre
annuel.
Cette formule permet l'ajustement, par exemple,
des périodes non travaillées sur les vacances scolaires.
Pendant les périodes travaillées, les salariés sont
soumis à l'horaire collectif pratiqué dans l'entreprise.
Le temps partiel pour les besoins de la vie de famille
doit faire l'objet d'un avenant au contrat de
travail. Cet avenant doit préciser les périodes non
travaillées dans l'année et peut également prévoir
la mensualisation de la rémunération, fixée indépendamment
des horaires de travail réellement effectués chaque
mois.
Le temps partiel modulé
En application d'un accord de branche étendu ou
d'un accord d'entreprise, le temps partiel peut
être modulé :
la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail du salarié
peut ainsi varier sur tout ou partie de l'année
à condition que sur un an, cette durée ne dépasse pas
celle mentionnée dans le contrat de travail.
Un contrat écrit
Le contrat de travail à temps partiel
doit être écrit, qu'il soit à durée indéterminée
ou à durée déterminée.
Il doit mentionner :
- la durée hebdomadaire ou mensuelle du travail (selon
le cadre choisi);
- la répartition des horaires sur la semaine ou le mois,
ainsi que les cas et la nature d'une modification
éventuelle de cette répartition (toute modification
doit être notifiée au salarié au moins sept jours à
l'avance);
- les limites de l'utilisation des heures complémentaires
lesquelles
ne peuvent excéder le 1/10ème de l'horaire mentionné
dans le contrat de travail. Toutefois, un accord de
branche étendu peut augmenter le nombre maximal des
heures complémentaires jusqu'au tiers de la durée
prévue au contrat.
Chaque heure complémentaire effectuée au-delà du dixième
de la durée hebdomadaire ou mensuelle prévue donne alors
lieu à majoration de salaire de 25%
- la rémunération et ses composantes (primes)
- la qualification du salarié
- la durée de la période d'essai éventuellement
prévue
- les modalités de communication par écrit des horaires
de travail quotidiens.
Garanties accordées aux salariés à
temps partiel
Modification des horaires
Lorsque l'employeur envisage
la modification des horaires de travail d'un salarié,
il doit lui notifier cette modification 7 jours (une
convention ou un accord collectif peut ramener ce délai
jusqu'à 3 jours ouvrés) au moins avant la date à
laquelle elle doit avoir lieu.
Dans 2 cas, le salarié peut refuser la modification,
sans encourir
ni sanction ni licenciement :
- lorsque l'employeur demande une modification qui
n'était pas prévue au contrat,
- quand le changement envisagé n'est pas compatible
avec des obligations familiales impérieuses pour le
salarié, le suivi d'un enseignement scolaire ou
supérieur, une activité chez un autre employeur ou une
activité professionnelle non salariée. Dans ce cas,
le salarié peut refuser la modification alors même que
celle-ci intervient dans les conditions définies dans
le contrat de travail.
Heures complémentaires
Le refus, par le salarié, d'effectuer
des heures complémentaires au-delà des limites qui ont
été fixées au contrat ne constitue ni une faute, ni
un motif de licenciement.
De même, dans le cadre des limites d'heures complémentaires
prévues au contrat, le salarié doit être prévenu au
moins 3 jours avant la date à laquelle les heures complémentaires
doivent être effectuées. Si l'employeur n'a
pas respecté ce délai de 3 jours,
le refus d'effectuer ces heures ne constitue ni
une faute, ni un motif de licenciement.
Interruption d'activité
L'employeur ne peut imposer
au salarié plus d'une interruption d'activité
dans la journée ou une interruption supérieure à deux
heures, sauf si un accord collectif applicable à l'entreprise
en prévoit la possibilité.
Des droits similaires à ceux des
salariés à temps plein
Le salarié à temps partiel bénéficie
des mêmes droits individuels que les salariés à temps
plein : congés, jours fériés, ancienneté, période d'essai.
Sa rémunération est simplement proportionnelle à celle
du salarié qui, à qualification égale, occupe, à temps
plein, un emploi équivalent
dans l'établissement ou l'entreprise.
Il dispose des mêmes droits collectifs que les salariés
à temps plein de l'entreprise : élections des représentants
du personnel, droits syndicaux. Toutefois, un salarié
qui effectue un temps partiel pour plusieurs employeurs
ne peut être élu en qualité de représentant du personnel
dans plusieurs entreprises :
il doit choisir l'établissement dans lequel s'exercera
son mandat.
Par ailleurs, il ne bénéficie de la totalité du crédit
d'heures prévu
pour son mandat que dans la mesure où la durée de son
travail ne s'en trouve pas réduite de plus d'un
tiers.
Des aides financières
Attention :
cette aide a été supprimée le 31 décembre 2000 pour
les entreprises de plus de 20 salariés, elle sera supprimée
au plus tard le 31 décembre 2002 pour les autres entreprises.
En revanche, l'abattement est maintenu pour les
contrats de travail qui y ouvraient droit avant le :
> 1er janvier 2000 dans les entreprises de plus de 20
salariés,
> 1er janvier 2002 pour les autres entreprises.
L'aide est accordée jusqu'au 31 décembre 2002
lorsque le droit à abattement a été ouvert au cours
de l'année 2002.
Où s'adresser ?
Inspection du travail
Représentants du personnel
> ici toutes
les coordonnées par département
Références
Articles L 212-4-2 à L 212-4-7 et
L 322-12 du Code
du travail.
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